Vous importez des matières premières de l’étranger (hors de la zone euro) ? Vous exportez et facturez en devises étrangères ?

Alors, j’ai le regret de vous annoncer que vous êtes soumis au risque de change appelé dans ce contexte le risque de transaction. Mauvaise nouvelle : il peut affecter votre marge bénéficiaire de manière significative. Si vous voulez vous en convaincre, n’hésitez pas à lire ou relire notre article précédent sur le risque de change et son impact pour votre entreprise. Vous le trouverez ici.

Vous êtes maintenant convaincus qu’il faut suivre votre exposition en devises ? Oui, mais concrètement, comment faire ?

Vous allez devoir établir ce que l’on appelle une position de change.

  •  La position de change ou le recensement de vos flux futurs en devises

Une position de change recense l’ensemble des avoirs et engagements de votre société en devises étrangères. Ces engagements et avoirs peuvent être de nature commerciale (vous importez ou exportez hors de la zone euro) ou financière (vous avez emprunté en devises étrangères par exemple).

Une fois l’ensemble de vos engagements recensés, vous pouvez agréger les encaissements et décaissements au sein d’une même devise et d’une même maturité.

Pour vous guider dans l’élaboration de votre position de change, je vous propose ce tableau simplifié par devises (J’ai pris l’exemple du dollar américain, la livre britannique, le yen japonais et le dollar canadien mais bien entendu libre à vous de modifier selon vos besoins)


N’hésitez pas à cliquer sur le tableau pour l’agrandir

Attention seul le solde net des futurs encaissements et décaissements en devises représente réellement votre exposition au risque de change.

Un exemple pour vous convaincre : Vous êtes une entreprise française qui achète ses matières premières aux Etats-Unis. Vous devez payer votre fournisseur $ 200 000 dans 30 jours. En parallèle, vous exportez une partie de votre production aux US et vous venez de signer un contrat de $250 000 avec un nouveau client. Celui-ci vous a versé un acompte de $50 000 aujourd’hui et vous paiera le solde ($ 200 000) dans 30 jours. Au total, ces opérations ne vous exposent à aucun risque de change : dans 1 mois, vous pouvez utiliser le paiement de $200 000 de votre client pour payer votre fournisseur par exemple.

  • L’importance des maturités

Cet exemple montre également l’importance d’établir votre position de change par maturité. Si le délai de paiement de votre client américain est de 90 jours et non plus de 30 jours, votre position de change n’est plus nulle. Dans un mois, vous devez payer votre fournisseur en dollar et vous n’avez plus aucun paiement correspondant. Vous êtes donc soumis au risque de transaction.
Pas convaincu ? Et bien si le dollar s’apprécie par rapport à l’euro et passe de 1.4 USD=1EUR à 1.2 USD=1EUR, vous allez payer vos matières premières plus chères et devrez enregistrer une perte de change de plus de 23 800 EUR (200000*(1/1.4 – 1/1.2)) !

Vous comprendrez donc qu’il est impératif d’établir une position de change par devise et par maturité. Généralement, une position de change est élaborée pour les échéances suivantes :

–       les échéances à très court terme (moins d’une semaine)
–       les échéances à court terme (1 mois)
–       les échéances à moyen terme (3/6 mois)
–       les échéances à long terme (1 an)

Et voilà ! Etablir une position de change n’est pas bien compliquée ! C’est pourtant une étape indispensable pour toute entreprise qui s’internationalise. Une première étape vers la maîtrise de vos risques.

C’est à vous ! Passez à l’action :

Recensez l’ensemble de vos engagements et avoirs en devises

Etablissez votre position de change par devises et par maturités

Et comme d’habitude, n’hésitez pas à me faire part de vos commentaires et questionnements !

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